01 novembre 2005

...et querelles.

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Cela faisait maintenant une semaine que Alberto avait posé cette question à son père et celui-ci avait essayé milles façon d’aborder le sujet en douceur avec Cunéguonde, mais sans succès. Le matin de l’anniversaire du petit garçon, Alban pris son courage à deux mains et téléphona à Consort sans l’avis de sa femme. Après tout, quand il serait là, elle ne pourrait pas le renvoyer. Et de toute façon la dispute qu’ils auraient ne serait pas si différente. Et puis il faisait aussi ça pour Ariel. Par le plus grand des hasards, elle était née le même jour que son grand frère. C’est Isabella qui décrocha :

" Allô ? Qui est à l’appareil ?
Bonjour madame, je me présente, Alban Capp. Vous êtes Madame Monty je présume ?
- Oui… Vous voulez sans doute parler à Consort ?
- Oui, est-il là ?
- Attendez, je vais le chercher.
-
Merci. »
Il attendit quelques instants avant d’entendre de nouveau une voix à l’autre bout du téléphone.
« Allô, Alban ? Que me vaut le plaisir de votre appel ?
Vous savez sans doute que c’est l’anniversaire d’Alberto et d’Ariel aujourd’hui.
- Oui, comment oublier une telle date. J’allais justement leur faire envoyer un petit quelque chose.
Cela vous dirait de venir leur apporter en main propre ?
-
Euh… Oui, pourquoi pas ? Mais…Cunéguonde est au courant…Cela m’étonne qu’elle accepte que je vienne…
-
Non, elle n’est pas au courant, mais Alberto vous réclame.
-
Bon, dans ce cas, d’accord, je viendrais…
-
Je vous laisse, je crois avoir entendu Cunéguonde…
Effectivement, quelques instants plus tard, sa femme apparut à la porte du salon pour demander qui pouvait bien appeler sous prétexte qu’elle attendait un coup de fil de sa sœur.

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Faute de coup de fil, elle eut droit à une visite de sœur plus tard dans la matinée. Celle-ci avait quelque chose de très important à dire à sa Cunéguonde mais elle avait finalement préféré lui dire en personne, c’était beaucoup plus facile pour elle. Cunéguonde était très contente de revoir Morgana et elle ne put s’empêcher de la prendre dans ses bras dès qu’elle la vit. Morgana était en effet parti quelques temps de Véronaville avec son mari pour changer d’air et avait coupé tout contact avec sa famille. L’éternelle querelle Capp/Monty les étouffait. Mais un travail intéressant dans un grand laboratoire de la ville les avait fait rentrer au pays il y avait seulement quelques jours. Elle venait maintenant aux nouvelles auprès de sa grande sœur qui ne lui en voulait pas le moins du monde. C’est qu’il s’en était passée de choses durant son absence et Cunéguonde adorait raconter les histoires de voisinages !

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Elles s’assirent confortablement dans la causeuse du salon où elles étaient sûres de ne pas être dérangées par les pleurs d’Ariel. Elle était peut être sur le point de devenir une grande fille, elle n’en restait pas moins capricieuse.
Elles discutèrent pendants des heures et des heures. Morgana fut assez étonnée d’apprendre le remariage de son père. Elle n’avait rien contre la matriarche Monty mais il était bizarre pour elle d’apprendre qu’une partie au moins des familles Capp et Monty s’était réconciliée. Mais elle fut encore plus surprise d’apprendre qu’elle avait une nouvelle petite sœur ! Cependant, elle fut obligée de cacher son excitation pour ne pas froisser sa sœur. Elle connaissait les sentiments de Cunéguonde envers la famille Monty et malgré tout le respect qu’elle avait pour elle, elle ne les approuvait pas.
Puis ce fut à Morgana de raconter à sa sœur ce qu’elle ne savait pas. Tout d’abord, elle avait retrouvé leur frère Carlo, qui était parti sans laisser de traces lui aussi, et avait réussi à le ramener avec elle, à Véronaville. Il était maintenant chez elle, mais ne désirait pas pour l’instant renouer des contacts avec sa famille.
Mais ce qui fit le plus plaisir à Cunéguonde, ce fut d’apprendre que Morgana allait bientôt donner la vie. Elle allait enfin donner une descendance à son mari et par la même occasion perpétuer la lignée des Capp et venait chercher conseil auprès de sa grande soeur.

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En raccompagnant Morgana à la porte, Cunéguonde aperçut Desdémone en bien mauvaise compagnie selon elle. La petite fille avait invité en toute innocence le fils de Bianca Monty. Cunéguonde le reconnut tout de suite parce que sa mère avait eu l’audace de s’installer juste en face de chez elle et avait, par la même occasion, incité son frère Antonio à faire de même. Le quartier des Capp était envahi de Monty. Elle pensait qu’ils voulaient plus encore et qu’ils visaient le manoir. Mais elle était prête à se battre pour qu’ils ne mettent jamais la main dessus. En attendant, elle usa de toute la méchanceté qu’elle avait en elle pour renvoyer le petit Dan. Desdémone n’osa même pas protester. Elle connaissait sa mère et savait qu’il ne fallait pas discuter. Elle n’avait pas encore l’âge où l’on se croit capable de défier ses parents. Morgana quant à elle, partit tout de même avec un sourire au coin des lèvres. Sa sœur n’avait pas réussi à inculquer haine des Monty à ses enfants.

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Pendant ce temps, Alban attendait avec anxiété le moment où Consort Capp sonnerait à la porte. Pour s’occuper, il avait préparé deux magnifiques gâteaux qui laissaient planer une odeur de fête. Le soir se mit à tomber et vers 19 heures, il entendit ce qu’il avait tant redouté. Il se dépêcha d’aller ouvrir. C’était bien le père de Cunéguonde. Il avait l’air aussi stressé qu’Alban. Ses mains étaient moites et il hésitait à rentrer. Il demanda plusieurs fois à Alban s’il était sûr de ce qu’il faisait, Il était encore temps pour lui de faire marche arrière. Il rentra cependant et lorsque Cunéguonde le vit, Alban sentit bien qu’ils allaient passe un mauvais quart d’heure tous les deux. Mais lequel subirait sa colère en premier, il ne le savait pas. Au moins, pour l’instant, elle se retenait à cause des enfants.

2

Ariel et Alberto soufflèrent tout de même leurs bougies dans une ambiance tendue. Même si les adultes faisaient tout pour cacher le malaise entre Cunéguonde et son père, ils s’apercevaient quand même que quelque chose n’allait pas. Il fut dur pour eux d’ouvrir leurs nombreux cadeaux dans la joie et la bonne humeur. Après le repas, Cunéguonde envoya tout ce petit monde se coucher. C’était peut être un jour de fête mais il ne fallait pas oublier que le lendemain, ils avaient école. Et puis, une fois ses enfants couchés, elle pourrait laisser éclater la colère qu’elle avait gardée depuis le début de la soirée.

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Et effectivement, ce soir-là, elle dit à son père tout ce qu’elle avait sur le cœur. Sa trahison envers sa famille, sa folie d’avoir adopter une fillette, à son âge. Mais ce qui l’avait le plus déçu en lui, c’était qu’il portait le nom des Monty. Il avait abandonné le nom prestigieux des Capp pour prendre celui des paysans qu’étaient les Monty pour elle. Elle ne pouvait pas imaginer qu’il renie tout ce que sa mère lui avait apporté. La femme pour qui il s’était brouillé avec Patrizio, la femme avec qui il avait eu des enfants…
Mais Consort ne se laissa pas faire et il profita de l’occasion que lui offrait sa fille pour lui dire ses quatre vérités. Lui aussi n’en pouvait plus de son comportement. Ne pouvait-elle pas laisser ses préjugés de côté et rencontrer les gens merveilleux que lui avait découverts ? C’était lui qui avait enseigné à sa fille la haine des Monty. Et maintenant, il lui demandait de pardonner. Ne pouvait-elle pas faire simplement ce qu’on lui disait, comme quand elle était petite…
La querelle se prolongea toute la nuit…

Une semaine qui se finissait comme elle avait commencé : par une querelle. Alban se demanda si un jour, il pourrait y avoir un peu de calme et sérénité dans sa maison.

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Commentaires sur ...et querelles.

    Enfin la suite tant attendue, je me suis jetée dessus malgré l'heure matinale. Ah les Capp et leurs histoires ! Dieu qu'Alban et Cunégonde sont moches ! Miranda aussi quand on y regarde bien. Je les avais totalement négligés, ceux-là, ils ne m'inspiraient pas grand-chose. Mais tu es en train de leur donner vie et je me rends compte qu'avec toi, c'est passionnant, car tu sais aller au fond des choses et leur découvrir des idées et des émotions que je n'avais pas du tout cherchées, tout obnubilée que j'étais par mon couple interdit. Bravo aussi pour ce nouveau blog, tu deviens un habitué de canalbug (euh, pardon, de canalblog. J'ai plus qu'à mettre mes liens à jour !

    Posté par Phinealili, 02 novembre 2005 à 08:10 | | Répondre
  • Argh !!

    C'est génial. Comme l'a dit Phinealili, la suite tant atendue est enfin là pour mon plus grand plaisir. Je pense que je vais relire toute l'histoire car j'ai un peu oublié le début mais c'est vraiment fantastique. Tu rends vraiment bien le combat entre Monty et Capp à travers Cunégonde. Je trouve que c'est le membre de la famille Capp qui incarne le plus cette haine entre famille. Même Consort n'a pas cette pèche. En tout cas c'est comme ça que je ressens ça en lisant ta chronique et avec le peu de temps que j'ai joué à Véronaville.

    Moi qui ne connais Véronaville que grâce à Phinealili je découvre les personnages. La seule que je connaissais c'est Bianca. J'avais délaissé les autres.

    C'est vachement bien. J'adore !!

    A quand la suite ?

    Aurélien

    Posté par Aurélien, 02 novembre 2005 à 12:31 | | Répondre
  • Il faut le faire et tu le fais bien!

    Je pense au fait de prendre une histoire en marche, lui donner vie sans pour autant te laisser entraîner par la lecture des autres chroniqueurs, aussi talentueux soient-ils.
    Tu as une vraie personnalité d'écriture et c'est bien agréable pour nous.

    Merci pour ce cadeau de retour.
    Anmicalement.

    Posté par Anmi, 02 novembre 2005 à 13:57 | | Répondre
  • Pfiou, pauvre Alban, il y a bien du remus-ménage dans sa maison. Et j'ai peur pour lui que ça ne s'améliore guère !

    Posté par Delise, 06 novembre 2005 à 18:38 | | Répondre
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