09 décembre 2005

Sa vie à la fac

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Une belle après midi s’annonçait pour Obéron. Ses enfants étaient à l’école, Titania, encore une fois rentrée très tard, était tombée dans les bras de Morphée et ne se réveillerait pas avant plusieurs heures. Il en avait profité pour inviter son grand ami Antonio Monty, récemment revenu à Véronaville qu’il avait quittée après le décès de sa femme. Il était venu chez les Songedété accompagné de son neveu Mercutio qu’Obéron appréciait beaucoup aussi. Il était maintenant étudiant, à la grande surprise de tout Véronaville qui le voyait plutôt comme un voyou, un gentil voyou, mais un voyou quand même. Certaines mauvaises langues disaient même qu’il avait rejoint le campus universitaire seulement pour ne plus voir sa grand-mère et son nouveau mari et qu’il ne pensait pas suivre sérieusement. Il était en effet parti à cause du remariage d’Isabella mais il avait aussi pensé à son avenir. S’il avait simplement voulu ne cesser tout contact avec sa grand-mère, il lui aurait suffi de trouver un logement loin du ranch après le lycée et de prendre un petit boulot qui ne nécessitait pas de qualification particulière. Mais tout ça était loin et les trois hommes étaient tranquillement installés dans le bain à remous flambant neuf dont Obéron venait de faire l’acquisition. Tout naturellement, la conversation tourna rapidement autour des études de Mercutio. Personne ne savait ce qu’il avait bien pu faire pendant cette année.
" Alors dis-nous Mercutio, comment s’est passée ton année ? Tu es dans un
dortoir ? Ah…Je me souviens quand ton oncle et moi on se logeait dans notre résidence. On faisait fête sur fête…Pas de temps pour le travail…
- Oh disons que ça a mal commencé pour moi…

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" A peine arrivé, j’ai su que ça n’allait pas être une partie de plaisir, l’université. A peine installé, Tybalt Capp m’est tombé dessus. Figurez-vous que ces idiots de l’université on trouvait le moyen de nous mettre dans la même résidence. J’ai demandé à changer mais ils n’avaient plus de chambre de libre. Ca m’apprendra à m’y prendre à la dernière minute. J’ai donc dû supporter les « recommandations » de Tybalt. D’après lui, c’était moi l’intrus je n’avais rien à faire ici et de toute façon j’allais vite être renvoyé à cause de mes résultats pitoyables. J’avais tout intérêt à me faire le plus petit possible si je ne voulais pas qu’il me refasse le portrait. J’ai rien répondu sur le coup, j’étais trop surpris de le trouver là. Mais sur la question d’être à sa place, je crois que je n’étais pas le plus mal placé. Depuis quand on a besoin d’un diplôme pour faire une carrière sportive ? J’ai d’abord pensé qu’il avait changé d’avis mais ce n’est pas ça du tout. Il est à l’université pour préparer sa carrière…On aura tout entendu.

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Le point positif, c’est que lui aussi est fauché et donc, il fait moins le malin. On dirait que je ne suis pas le seul à être parti à cause du mariage de grand-mère et du vieux Capp. Ca nous fait au moins un point en commun. Mais il ne se serait pas rabaissé au point de trouver un petit boulot comme moi. Je suis devenu incollable sur l’art de tenir la cafétéria de la résidence. C’est pas trop mal payé et c’est pas trop contraignant. Le truc, c’est juste de vérifier qu’il y a toujours quelque chose à manger et que la vaisselle sale ne traîne pas dans tous les coins. Au moins quand je sortirais avec mon diplôme, je pourrais me préparer des bons petits plats. Tybalt lui, il répugne à faire ce genre de truc. On risquerait de le prendre pour un domestique. Ca ferait tâche dans sa réputation. « Tybalt, le petit-fils du vieux Capp, travaille pour gagner de l’argent ». Son truc, c’est plutôt l’aide aux devoirs. Je savais pas mais c’est une forte tête le Tybalt. Il a des bons résultats d’après ce qu’on m’a dit.

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Faut dire que moi j’ai un peu la tête ailleurs…C’est fou le nombre de gens qu’on peut rencontrer sur un campus. J’ai des amis à ne plus savoir qu’en faire. Du coup, j’enchaîne fête sur fête et ça me laisse pas beaucoup de temps pour étudier entre ça et mon boulot à la cafétéria. Tu vois Obéron, certaines choses n’ont pas changé. Je me dis tout le temps qu’il faut que je m’y mette mais je n’ai jamais assez de courage pour refuser une invitation. Ca doit être de famille, n’est pas Antonio ? Et puis il y a les filles. Des tonnes de jolies filles. Et intelligentes surtout. Si c’est pas le rêve ça ! Une fille belle et intelligente. Bon d’accord, c’est pas parce qu’elles sont à l’université, qu’elles sont forcément intelligentes. Il y en a bien une ou deux qui sortent du lot. Mais en général, elles m’impressionnent. Surtout Erika. C’est une fille de la résidence qui suit avec moi les cours de Biologie et ben je peux vous dire que c’est un vrai cerveau. Elle peut trouver la solution à n’importe quel problème en quelques secondes. Faut voir comment elle fait ! Bien sûr elle a d’autres préoccupations dues à son appartenance à la gente féminine, mais ça ne la rend pas moins intéressante.

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- Mon neveu serait-il tombé amoureux ? Une fille aurait trouvé grâce à ses yeux ?
- Mais laisse moi finir ! Donc…Qu’est ce que je disais déjà ? Tu vois, tu me fais perdre le fil !
Ah oui ! En plus elle m’a proposé de m’aider un peu pour les cours. Et disons que le travail ça rapproche. Effectivement, une fille a trouvé grâce à mes yeux. Mais ce n’est pas n’importe quelle fille, c’est Erika. On est fait l’un pour l’autre, elle me comprend, je la comprends. C’est la première fois que je suis aussi bien avec quelqu’un depuis…depuis la mort de mes parents. Je ne pensais jamais ressentir encore une fois un tel bonheur. D’accord, ça n’a pas été un coup de foudre mais il n’empêche qu’on a finit très vite par échanger notre premier baiser.
- Erika tu dis ? C’est quelle nationalité ça ?, le coupa encore une fois Antonio.
- Ca te pose un problème ?
- Non aucun, c’est juste que j’aime bien savoir. C’est pas courant comme prénom par ici.
- Tu me rassures. Pendant deux secondes, j’ai pensé que…
- Non mais ça va pas ? Tu as vu la tête de mon meilleur ami ? Et tu as osé penser que j’étais, même rien qu’un peu, raciste ? Tu sais bien que j'aime te taquiner !
- Ok, excuses moi. C’est juste que Erika compte vraiment beaucoup pour moi et…
- C’est bon, on a compris je pense Mercutio. Continues donc ton récit. Et toi Antonio, arrêtes de le couper !

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- Juste une dernière question. Et Tybalt, il s’est trouvé quelqu’un ?
- J’allais y venir, repris le jeune étudiant. Oui, il s’est aussi trouvé quelqu’un. C’était une fille bien pourtant. Sympa et intelligente, jolie aussi mais pas autant que Erika, cela va de soi. Remarque maintenant, il me fiche la paix. Ils sont tout le temps collés l’un à l’autre. Mais si vous aviez vu comment il la draguait au début…Franchement, j’étais mort de rire. On a beau faire le méchant, c’est pas pour ça qu’on va avoir assez d’assurance pour aborder une fille. Mais apparemment, elle a du voir quelque chose que personne n’a jamais vu chez Tybalt parce qu’elle est quand même tombée sous son charme. D’ailleurs, il y a un jour à marquer d’une pierre blanche. Le jour où il a été aimable avec moi, juste avant leur premier baiser. J’ai été franchement étonné. Je peux pas l’encadrer alors ça n’a rien changé entre nous. De toute façon, maintenant qu’ils sortent officiellement ensemble, il est devenu encore plus arrogant. J’ai bien essayé de demander à sa petite copine ce qu’elle pouvait bien lui trouver mais impossible de l’approcher. On dirait
qu’il la surveille sans arrêt.

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-Quant à moi, sortir avec Erika m’a aidé dans mes études. Depuis que je suis avec elle, les études passent avant tout. Je ne veux pas qu’elle se retrouve avec un boulet au pied après son diplôme parce que moi je n’aurais pas assez bossé pour avoir un boulot décent et qui rapporte quelque chose. Arrête de faire cette tête Antonio. Oui tu as bien entendu. Erika et moi on va sûrement se fiancer. Mais rien n’est officiel encore. On a bien réfléchi et on pense qu’on est beaucoup trop jeunes pour prendre ce genre de décision tout de suite. On va encore attendre. Qui sait, ça me fait mal de dire ça, mais peut- être qu’on va se séparer le mois prochain sur un coup de tête.
Donc je bosse. Matin, midi et soir. Dès que je rentre de cour, je me jette sur mes bouquins. C’est assez cool en fait. On fait des groupes d’études, comme ça ceux qui on le plus de difficultés peuvent demander de l’aide aux plus forts. Et puis à l’approche des examens, tout le monde avait besoin d’un petit peu d’aide. Je n’avais jamais fourni autant d’effort, même pour mon bac…D’ailleurs, vous connaissez le résultat. C’était pas fameux. Mais là je me suis étonné. 20/20 de moyenne ! Vous auriez du voir la tête de Tybalt, lui qui a travaillé dur toute l’année pour obtenir cette note ! Mon petit bonheur. Et Erika était tellement fière de moi.

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Avec l’argent que j’ai reçu, en même temps que les félicitations du doyen, je me suis acheté une basse. J’aurais préféré une guitare mais ce n’est pas dans mes moyens. Et puis c’est mieux que rien pour débuter. Je vais essayer de former un petit groupe mais je ne sais pas si on aura beaucoup de temps pour répéter. Plus on avance, plus on nous en demande en cours. C’est normal, je sais, mais j’aurai aimé avoir plus de temps pour moi. Je passe maintenant la plus grande partie de mon temps le nez dans un bouquin.
- Difficile à imaginer…, dit Obéron en riant.
- C’est vrai, moi aussi j’ai du mal à l’imaginer. Où est passé mon neveu ?
- Il est bien là, répondit Mercutio, c’est juste que qu’il a pris conscience que s’il voulait avoir une vie tranquille plus tard, il fallait qu’il bosse. »
Obéron eut un sursaut en entendant un véhicule se garer devant la maison. Sûrement les enfants. Il allait devoir dire au revoir à ses invités. Tant pis, il connaîtrait la suite la prochaine fois. Mais sa petite Boutondor allait avoir besoin de lui.

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" Excusez-moi messieurs mais je crois que je vais devoir vous laisser.
- Ce n’est pas grave Obéron, c’était très gentil de ta part de nous inviter. Mais de toute façon, j’allais aussi m’en aller. J’avais prévu de passer voir Isabella, lui expliqua Mercutio.
- Tu veux reprendre contact avec elle ?
- Tu sais, j’ai mûri en un an. Je crois qu’il est temps que je cesse mes enfantillages et que j’accepte que ma grand- mère soit amoureuse du pire ennemi de Patrizio. Et puis je pourrai faire connaissance avec ma tante…C’est surtout pour ça que je suis revenu à Véronaville aujourd’hui. Il est temps d’enterrer la hache de guerre si je peux m’exprimer ainsi. Si ça se trouve, Consort est un type bien. Je ne peux pas juger, je ne l’ai jamais connu. Le seul Capp avec qui j’ai vraiment eu des contacts, c’est Tybalt et vous serez d’accord avec moi, ce n’est pas la meilleure facette de la famille.
- Ca me fait plaisir ce que tu dis là Mercutio, commenta Obéron. En aurait-on bientôt fini avec les querelles à Véronaville ? Allez prenons un dernier verre pour fêter ça. Et puis je file. J’entends Boutondor qui s’impatiente."

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