01 novembre 2005

Querelles...

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" Non, je veux pas ! Si tu crois que je vais t’écouter !
-
C’est ce qu’on va voir ma chère Miranda. On va aller chez le coiffeur toutes les deux pour qu’il fasse quelque chose. Il que tu te débarrasses de cette atroce coiffure !
- Alors là, tu peux toujours rêver.
- Tu ne me parles pas comme ça ! Je suis ta mère, pas ta copine ! »
C’était comme ça depuis le début de l’après-midi. Alban se demandait si un jour elles allaient arrêter de se chamailler. Depuis le temps, il aurait pensé qu’elles épuiseraient tout sujet de querelle entre elles. Cependant Miranda trouvait toujours le petit truc qui ferait enrager sa mère. Cette fois, elle était rentrée de sa sortie entre copines avec une nouvelle coiffure plutôt originale mais pas du tout du goût de sa femme. Il est vrai que ce vert était assez spécial mais pas assez pour que lui interdise catégoriquement à sa fille de rester comme il lui plaisait. Il était de ceux qui laissent les enfants avoir leurs propres expériences et faire leurs propres erreurs pour en tirer les conséquences. Cunéguonde, elle, se souciait plus de ce que les voisins allaient penser en voyant Miranda. Elle n’avait que ça en tête. Être à la hauteur de ses ancêtres.

 

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Alban se demandait chaque jour pourquoi il avait épousé cette femme si différente de son idéal. Pour lui, le plus important, c’était la famille. Pour elle, la réussite. Elle n’avait que ce mot à la bouche :
« Alberto, si tu veux réussir dans la vie, il faut travailler », « Alban, si tu veux que Ariel réussisse plus tard, laisse-la se débrouiller toute seule sinon elle aura toujours besoin de quelqu’un pour l’assister. »
Il a avait des tas d ‘exemples…Pourtant, la réponse était simple, il l’aimait. Mais les jours où elle décidait d’être de mauvaise humeur, comme aujourd’hui, il ne pouvait plus la supporter. Qui plus est, il était sûr qu’avec leurs cris, elles allaient finir par réveiller la petite dernière, alors il décida d’aller voir. Et il ne s’était pas trompé. Il la trouva assise dans son berceau, attendant que quelqu’un s’occupe d’elle. Elle était si mignonne. C’était apaisant de la voir comme ça. Enfin quelqu’un de calme dans cette maison. Il ne put résister à l’envie de la prendre dans ses bras et de jouer un peu avec elle. Il redescendrait quand les deux furies se seraient calmées.

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Quand il n’entendit plus rien, Alban osa enfin retourner dans le salon. Il y trouva Cunéguonde et quand leurs regards se croisèrent, il comprit qu’il aurait mieux fait de rester avec Ariel. Apparemment, elle lui en voulait de ne pas l’avoir défendu devant sa fille. Mais pourquoi diable ? Elle savait très bien qu’il n’avait aucune autorité devant ses enfants et qu’il cédait à tous leurs caprices. Mais il s’en doutait, cette fois encore, il ne pourrait pas échapper à l’habituelle dispute qui suivait un conflit parents/enfants. Cette fois encore, elle allait lui reprocher de ne pas assez s’occuper du comportement de leurs enfants, de les laisser faire ce qu’ils veulent pendant qu’elle travaillait dur toute la journée dans l’entreprise de son père pour avoir de quoi nourrir tout le monde…Il les connaissait par cœur…

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Elle ne vînt pas dîner ce soir là, pas plus que Miranda. Elles voulaient sans doute éviter de se retrouver face à face. Alban les remerciait pour ça, il avait eu son lot d’éclats de voix pour la journée. Le repas fut bien silencieux pour une fois. D’habitude, tout le monde parlait en même temps et ça faisait un boucan pas possible. Il y aurait une mouche, on l’aurait entendue voler durant tout le repas. Cependant, Alban voyait bien que Alberto voulait lui demander quelque chose. Celui-ci se décida finalement à parler au moment du dessert :
« Papa, tu crois qu’on pourra inviter grand-père pour mon anniversaire ? »
Alban détestait que ses enfants appellent Consort Capp « grand-père ». Mais Cunéguonde les avait toujours défendus d’utiliser un autre mot. Elle-même vouvoyait son père depuis qu’elle savait parler. On l’avait éduquée comme ça et elle souhaitait que Miranda, Alberto, Desdémone et Ariel suivent l’exemple. Mais pour l’instant que répondre à son fils ? Si on l’invitait, Consort viendrait. Mais que dirait Cunéguonde ? Depuis qu’il avait épousé cette Isabella Monty, elle ne voulait plus en entendre parler.  Et son nom avait été banni à partir du moment où elle avait appris qu’il venait d’adopter une petite fille
. Tout ce qu’il put répondre à Alberto, ce fut un décevant « On verra ».

 

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